Vendredi je vais chez une mamie que je n'ai pas vue depuis une semaine car j'étais de repos. Depuis plusieurs jours elle ne mangeait plus beaucoup et s'affaiblissait.

Les changes étaient de plus en plus difficiles debout et refusait qu'on lui fasse au lit.

J'étais en train de me demander en rentrant chez elle comment j'allais procéder pour mettre une protection si elle refusait que je la mette au lit quand je vois que son fauteuil est vide.

Je file dans la chambre et là je comprend en voyant son visage qu'elle vit ses derniers instants.

Son fils et sa petite fille arrive juste derrière moi.

Lorsque je prononce je suis désolée, la petite fille éclate

en sanglots et me dit "alors c'est bien la fin? le docteur à raison?"

Sa question m'a désarçonnée...

Je ne pouvais lui expliquer les signes physiques qui indiquent que la fin est imminente.

Juliette voulait mourir chez elle mais son fils n'avait pas le courage d'affronter seul le départ de sa mère alors il avait appelé une ambulance. Les larmes aux yeux, il m'expliquait pourquoi il ne pouvait accéder au désir de sa mère tout en culpabilisant.

Sur le fait arrive le docteur qui était déjà passé le matin, et au retour de sa chambre revient ému et la gorge serrée disant que si l'ambulance tardait de trop, elle mourrait bien chez elle.

En faites nous avons commencé une sorte de veillée funéraire, chacun racontant ses souvenirs drôles avec elle. 

Le docteur m'a ému par son humanité et son attachement à sa patiente.

Ce n'est pas la première personne que je perds, dans ce métier c'est logique mais cela arrive après la mort de Marion alors je ne me sens pas bien. Je manque de concentration et j'ai un ras le bol des mauvaises nouvelles, de la maladie, je suis à saturation...

Mais je sais que cela passera dans quelques temps.